À la une | 10/02/2017

Un espoir pour les «Éducatel»

Alors que les 58 salariés du site stéphanais Éducatel ont reçu leur lettre de licenciement, un repreneur propose de créer une SCOP sous la marque Pigier avec leur concours financier.

Les ex-salariés du centre d'enseignement à distance de la rue Ernest-Renan n'ont rien lâché (Le Stéphanais 226 & 227). Mardi 7 février, ils se réunissaient à l'espace Georges-Déziré avec Jonathan Romero, venu de Toulouse pour leur présenter son projet de société coopérative et participative (Scop). «Éducatel est une société rentable, leur a dit l'ancien chargé de mission chez Pigier, on ne peut pas accepter le plan de continuation de Mathieu Rousseau qui consiste à dire à 58 salariés : “on n'a plus besoin de vous”. Comment continuer à vendre des formations sans contenus?».
Pour lancer la Scop, Jonathan Romero espère convaincre les ex-salariés de réunir les 250.000 euros qui débloqueront le prêt bancaire de 2,5 millions d'euros nécessaire au redémarrage. «Il faudrait qu'au moins 80 des 141 salariés stéphanais et parisiens adhèrent au projet», indique-t-il. «Nous allons également lancer une campagne de crowdfunding*», ajoute Élodie Bragança, élue du CE convaincue de la viabilité du projet.
Tel est donc le projet, côté stéphanais où l'espoir domine. Côté versaillais, les choses sont très différentes. «Le projet de monsieur Romero est une chimère, une ineptie économique, lance Patrick Prigent, l'administrateur judiciaire versaillais d'Éducatel, la suppression des emplois stéphanais me fait mal mais il n'y a pas d'autres solutions que celle de Mathieu Rousseau». Sur ce point, l'administrateur judiciaire n'a d'ailleurs jamais changé d'avis, ironise Élodie Bragança, «maître Prigent nous a toujours affirmé lors des comités d'entreprises des 28 novembre et 16 décembre, qu'il n'y avait pas de repreneur possible et que seul le projet de Mathieu Rousseau était viable».
Lassés par la position de leur administrateur, les ex-salariés et Jonathan Romero s'adresseront directement aux juges du tribunal de commerce de Versailles. Qui tranchera le 21 mars.
* Financement participatif via une plateforme internet.

Photo (Jean-Pierre Sageot): En décembre, les salariés d'Éducatel avaient tourné une vidéo pour convaincre d'éventuels repreneurs. C'est désormais chose faite. Un projet de reprise en Scop sera déposé en mars au tribunal de commerce de Versailles.

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