À la une | 23/06/2017

Un conseil riche en débats… et en émotions

Jeudi 22 juin, se tenait le dernier conseil municipal présidé par Hubert Wulfranc. La séance a également été marquée par une communication du maire sur les compteurs Linky et par la suspension d'une délibération portant sur le fonctionnement de la crèche Anne-Frank.

«Comme la loi nous y oblige, je convoque un conseil municipal extraordinaire jeudi 6 juillet, a déclaré le maire Hubert Wulfranc en ouverture de séance, afin de procéder à la désignation du nouveau maire de Saint-Étienne-du-Rouvray et de son exécutif».
La loi sur le non-cumul des mandats entrant en vigueur au 1er juillet, le député Hubert Wulfranc cédera donc son fauteuil de maire, jeudi 6 juillet. Le conseil réuni en une séance extraordinaire procédera alors à l'élection d'un nouveau maire, lequel désignera ensuite ses adjoints.
Immédiatement après cette annonce, Hubert Wulfranc a fait part de sa décision de saisir la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) sur la question des compteurs Linky, car, a-t-il dit, ledit compteur présente un «risque au regard de la vie privée». Le temps de cette saisine, le maire a indiqué qu'il signerait un arrêté «suspendant l'implantation des compteurs de type Linky sur le territoire de la commune de Saint-Étienne-du-Rouvray».
Au nom du groupe «Saint-Étienne Vraiment à gauche», Noura Hamiche s'est dit «entièrement d'accord» avec cet arrêté car Linky risquait «de supprimer énormément d'emplois».
Philippe Chapman (PS) s'est toutefois demandé si cet arrêté n'arrivait pas «presque trop tard», certains compteurs étant déjà déployés sur la commune. Il a cependant ajouté «être content» que l'argument des ondes électromagnétiques n'ait pas été repris par l'arrêté, car il s'agit selon lui d'un «argument qui relève du fantasme».
Michelle Ernis, pour le groupe Ensemble, a souhaité quant à elle que cette déclaration puisse être diffusée le plus largement possible à d'autres communes.
Le maire a toutefois pointé que toutes les collectivités qui, à ce jour, ont voté des délibérations contre le déploiement de ces compteurs avaient vu leurs arrêtés «retoqués» par la préfecture. «Ce faisant, a-t-il précisé, l'angle de la protection de la vie privée n'a jusqu'à présent fait l'objet d'aucun recours en préfecture.»
Dans l'attente d'une réponse de la CNIL, le maire a indiqué que son intention était que l'arrêté municipal devienne un «outil pour les administrés qui souhaitent s'engager dans l'action contre ces compteurs, notamment pour la suite lorsque ce sera le tour du déploiement des compteurs Gazpar».
La délibération portant sur l'augmentation des «montants des recettes issues des activités municipales d'environ 5% » n'a en revanche pas fait l'unanimité. Philippe Brière, du groupe «Saint-Étienne Vraiment à gauche», s'est exprimé contre cette augmentation qu'il juge «trop importante pour les bas revenus. Pour ces familles, a-t-il dit, les fins de mois sont déjà très difficiles, nous pensons que ce n'est pas sur l'usager que nous devons faire peser les augmentations de recettes.»
Michelle Ernis, a pour sa part reconnu qu'une augmentation n'était jamais une décision facile à prendre mais qu'«en même temps, en comparant avec ce que les gens payent dans le reste de l'agglomération, on verrait que les tarifs stéphanais restent très bas.»
Murielle Renaux, maire-adjointe à la petite-enfance, à l'enfance, au projet éducatif local et à la restauration scolaire, a ainsi rappelé qu'une «augmentation de 5% pour les bas revenus ne représentait que deux centimes pour un repas, ce qui ferait passer le tarif de la cantine scolaire le plus bas de 0,38€ à 0,40€».
Le premier adjoint, Joachim Moyse, a ensuite expliqué que cette augmentation n'était en rien la traduction d'une «volonté de casser un dispositif solidaire qu'on a souhaité mettre en place il y a cinq ans et qui a consisté à travailler sur l'accessibilité économique de nos concitoyens en affichant trois cibles: les familles modestes gagnant deux Smic avec deux enfants; sans oublier les familles plus modestes encore; et sans faire une augmentation sanction pour les familles les plus aisées, ces dernières voyant le tarif cantine le plus élevé passer de 3,87€ à 3,95€».
La délibération portant sur la modification, à la demande de la Caf, du règlement intérieur de la crèche Anne-Frank a été pour sa part ajournée. Les élus souhaitant examiner plus en détail un point dudit règlement qui permettrait l'accueil des enfants jusqu'à leurs cinq ans. Le conseil y voyant une attaque contre l'école maternelle, dans un quartier où un effort de scolarisation des enfants de deux ans et demi a été engagé.
À l'issue du conseil, le maire, Hubert Wulfranc, a invité les Stéphanais à participer aux cérémonies du 26 juillet prochain, concluant «j'aurais pu vous souhaiter de bonnes vacances mais nous nous réunirons à nouveau le 6 juillet, nous aurons l'occasion d'élire le nouveau maire».
Et c'est avec une émotion difficilement dissimulée qu'il a ajouté: «j'ai eu beaucoup de plaisir à ce dernier conseil, il est à l'image de la vitalité de notre ville. On va préparer un élan pour Saint-Étienne-du-Rouvray et aussi, je l'espère bien, pour toute la circonscription, afin de pouvoir continuer à rebondir comme nous l'avons fait dans des moments extrêmement difficiles ou comme dans des moments plus enthousiasmants tels ceux que nous venons tout récemment de connaître. Mais, derrière ces rebonds, nous avons tous le sentiment que nous nous sommes toujours tournés vers l'avenir et la construction d'une vie meilleure pour la population stéphanaise, et, concrètement, dans l'intérêt général». La séance a été levée sous les applaudissements du conseil.

> Téléchargez l'arrêté du maire suspendant le déploiement des compteurs Linky sur la commune

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