Développement durable : l'urgence du débat

l'affiche des Assises du développement durable

Les premières Assises du développement durable se tiennent les 3 et 4 avril à l’université des sciences et à la salle festive. Une soirée et une journée de débats sur les questions, ouvertes par le climatologue Hervé Le Treut, du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec).

Le projet des Assises du développement durable a été labellisé et intègre la programmation de la Semaine du développement durable.

 

 

 

 

Mardi 3 avril | 18 heures | Université des sciences

Conférence d'Hervé Le Treut | Changement climatique : certitudes, incertitudes, enjeux

"Le réchauffement du système climatique est sans équivoque. On note déjà, à l’échelle du globe, une hausse des températures moyennes de l’atmosphère et de l’océan, une fonte massive de la neige et de la glace et une élévation du niveau moyen de la mer." L’introduction du rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), publié en 2007, est sans équivoque. Ce rapport confirme que le processus de réchauffement climatique est en cours. Il impactera dans les décennies à venir toute notre planète avec des incidences multiples pour les humains, les plantes et les animaux. Ceci n’est pas le scénario d’un film catastrophe, mais bien une réalité qui devrait nous conduire à modifier nos comportements pour limiter ce réchauffement climatique. En effet, les raisons de ce réchauffement sont directement liées à l’activité humaine et à un mode de développement qui n’intègre pas les effets sur l’environnement.

Il y a urgence. Car au-delà du déséquilibre environnemental c’est aussi l’équilibre géopolitique de notre planète qui risque de se trouver bouleversé. En effet, de forts mouvements de population risquent de s’opérer avec des zones actuellement habitées qui pourraient devenir inhabitables à cause de la désertification ou en raison de l’élévation du niveau de la mer. Les solutions existent pour amoindrir ce réchauffement. Elles demandent de la part de tous, et notamment des grandes entités fortement productrices de gaz à effet de serre, des efforts conséquents.

Fort logiquement, c’est le climatologue Hervé Le Treut, membre du Giec, qui ouvrira ces premières Assises du développement durable. Donnée à l’université des sciences du Madrillet, mardi 3 avril à 18 heures, sa conférence permettra d’avoir un regard sur les dernières études scientifiques en matière de réchauffement climatique.

Ressources en ligne

> Après l’alerte, l’aide à la décision, article d'Hervé Le Treut

> Portail d'accès aux documents du Giec

Mercredi 4 avril | 9 heures-19h30 | Salle festive | Conférences et ateliers

Agenda 21 : le top départ

La Ville s’engage à son tour dans une démarche d’Agenda 21, en s’efforçant de combiner les questions environnementales, sociales et économiques. Autrement dit : comment une ville industrielle peut se construire un développement durable ?

En 1992, lors du sommet de la terre à Rio, 173 chefs d’état ont adopté un plan d’action pour le XXIe siècle. Objectif : mettre en œuvre le développement durable à l’échelle d’un territoire. Ainsi est né le concept d’Agenda 21. La Ville de Saint-Étienne-du-Rouvray s’est engagée dans une telle démarche, en concertation avec de nombreux acteurs socio-économiques stéphanais. Réunis au sein d’un comité 21 depuis février 2012, ces acteurs ont pour objectif la réalisation d’un programme d’actions visant à améliorer la qualité de vie des habitants, économiser les ressources et développer l’attractivité du territoire stéphanais. Le pré-diagnostic, document fondateur et véritable état des lieux du territoire est disponible en ligne pour servir de base à une large discussion. La démarche d’Agenda 21 stéphanais sera présenté lors des assises du développement durable tout comme sera présenté l’Agenda 21 de la Ville de Grand-Couronne. Dans le même temps, sera proposé un regard sur les initiatives municipales qui s’inscrivent déjà dans une optique de développement durable : gestion raisonnée des espaces verts, accessibilité des bâtiments, clauses d’insertion dans les marchés publics…

Ressources en ligne

> le site du Comité 21, réseau d'acteurs du développement durable

L’énergie de la ville

14 heures-15h30

Quel modèle énergétique une commune peut-elle développer ? Montdidier en Picardie tente d’être autonome sur la moitié de ses besoins tout en divisant par quatre ses émissions de gaz à effet de serre. Saint-Étienne-du-Rouvray mise le sur bois. Regards croisés.

Petite ville de Picardie Montdidier (6 500 habitants) bénéficie depuis 1925 d’un établissement public qui lui permet d’assurer la fourniture et l’acheminement de l’électricité sur son territoire. La volonté de la ville de diviser par quatre ses émissions de gaz à effet de serre s’est traduite par la création d’un parc public éolien qui devrait lui permettre de couvrir la moitié de ses besoins en ressources énergétiques. Une expérience innovante présentée par le maire de cette commune.

Saint-Étienne-du-Rouvray pour sa part a développé la plus grande chaufferie bois de la région. Ainsi, les habitations collectives du Château Blanc, mais aussi le lycée Le Corbusier, l’Insa et ses logements étudiants bénéficient de la chaleur bois. Le bois est un combustible bon marché, à faible fluctuation de coût, il se substitue à la matière fossile qui elles ont un coût de plus en plus prohibitif. Un avantage pour les factures de chauffage des habitants. D’autre part, cela permet de développer des filières locales d’approvisionnement en bois. L’environnement bénéfice de ce dispositif : les gaz à effet de serre sont sensiblement diminués, la pollution atmosphérique maîtrisée. Une évaluation avec les acteurs concernés (exploitant, Ville, bailleurs) permettra d’évaluer cette initiative sur le territoire stéphanais.

Intervenants

Benjamin Sauval, Chargé de maitrise de l’énergie de Montdidier, Sylvie Sellier, responsable division hygiène et environnement, Ville de Saint-Étienne-du-Rouvray, Ludovic Arnold, responsable des bâtiments et moyens généraux Ville de Saint-Étienne-du-Rouvray, Julien Coquelet, chef d’exploitation Idex, pour la chaufferie urbaine au bois, Franck Ernst, directeur du foyer Stéphanais, Jean-Luc Shroeder, directeur de Logiseine, Mathieu Boiron, chargé de mission développement durable à Logirep et Cédric Lefebvre, directeur du patrimoine Habitat 76.

Ressources en ligne

le site de la Ville de Montdidier

Précarité énergétique : le coup de froid

15h30 -17 heures

Ça chauffe au niveau planétaire et sur les factures… Mais pour de nombreux ménages, c’est le coup de froid quand les températures baissent. La précarité énergétique menace une famille sur dix.

En 2009, 13 % des ménages consacraient 10 % ou plus de leurs ressources au règlement des factures d’énergies. Selon l'étude de l'Insee sur mal-logement publié en janvier 2011, 9 % des ménages se plaignent du froid lié à une installation de chauffage insuffisante ou à une mauvaise isolation. Les récentes augmentations des prix du gaz, du fuel et de l’électricité, ainsi que la période de grand froid traversée cet hiver ont mis en évidence le problème. Propriétaires comme locataires sont concernés par cette précarité énergétique qui s’additionne à l’envolée des prix du logement. Le gouvernement semble avoir pris conscience de ces problèmes comme l’illustre la création de l’Observatoire national de la précarité énergétique en mars 2011.

Face à cette situation comment réagir ? Comment permettre aux foyers modestes, propriétaires de leurs logements, d’engager des travaux afin d’avoir une meilleure isolation thermique ? Quelles sont les actions menées par les bailleurs sociaux ? Comment les fournisseurs d’énergie font face à ces situations ? Pourquoi et comment certaines associations œuvrant contre la précarité énergétique agissent-elles sur nos territoires ? Autant de questions abordées à l’occasion de l’atelier consacré à la lutte contre la précarité énergétique.

Intervenants

Anne-Claire Charlet, responsable de la division solidarité Ville de Saint-Étienne-du-Rouvray, Chantal Dutheil, responsable locale du Secours populaire, Laurence Bizet, correspondante pôle solidarité EDF, Catherine Prilleux, correspondante solidaire GDF, Jean Valée et Jean-Pierre Rousseau, confédération nationale du logement et Christine Boulier, présidente de l’association Droit à l'énergie.

Transports sur une voie durable

18 heures - 19h30

Le transport routier est responsable de 92 % des émissions de gaz à effet de serre. Comment mettre en place des transports plus respectueux de notre environnement ?  Des collectivités locales innovent. Voici quelques exemples…

À Aubagne, c’est gratuit ! Depuis mai 2009, la communauté d’agglomération d’Aubagne, dans les Bouches-du-Rhône, a rendu les transports collectifs gratuits pour tous. Cette gratuité peut interpeller, notamment sous l’angle de la faisabilité financière et du maintien de la qualité du service. C’est l’augmentation de la taxe transport pour les entreprises qui a financé la gratuité. Chez les usagers, les résultats ont dépassé toutes les espérances : sur certaines lignes, l’augmentation du nombre de voyageurs a été de 75 %. Alors, la gratuité est-elle une solution pour nos transports de demain ?

La Région Centre, mise sur l’intermodalité. L’intermodalité, c’est un concept impliquant l’utilisation de plusieurs modes de transports au cours d’un même déplacement. Pour y parvenir, la Région Centre a tablé depuis plus de dix ans sur le cadencement, l’accessibilité, l’achat de rames neuves et la rénovation des anciennes, la tarification et la mise en place de titres de transports communs. Pour faciliter encore le recours aux transports en commun, a été mise en place une centrale d’information multimodale. Elle indique l’itinéraire et le ou les transports en commun à emprunter. Une expérimentation dont la Région Centre rendra compte.

Haute-Normandie : les lignes à suivre. La Région Haute-Normande est autorité organisatrice de transports collectifs de voyageurs sur son territoire depuis le 1er janvier 2002. L’investissement sur des lignes régionales a été conséquent permettant à Dieppe, Elbeuf, Rolleville, Evreux… d’être mieux desservis. Le nombre de voyageurs a augmenté, les trains se sont modernisés. Au regard des grandes évolutions à venir, notamment avec la nouvelle ligne Paris-Rouen-Le Havre, quelle place et quelles perspectives pour des gares comme celles de Saint-Étienne-du-Rouvray ?

La Créa monte en capacité. Depuis 1994, l’arrivée du Métrobus a permis aux transports en commun de l’agglomération rouennaise de se développer significativement. À ce jour, 16 millions de voyageurs par an sont transportés sur le réseau. Pour faire face à la demande et optimiser ses moyens de transports, la Créa et son délégataire, la TCAR, vont proposer en 2012 un développement significatif du réseau avec notamment l’arrivée de nouvelles rames de métro. Ces évolutions seront présentées et discutées.

Le fret à quai ? Le territoire stéphanais est marqué par l’activité fret depuis des décennies. Des centaines de familles ont vécu et vivent toujours au rythme des trains. Cependant, l’inquiétude est forte. La gare de triage de Sotteville-lès-Rouen est menacée dans son activité alors que les atouts économiques et environnementaux du fret ne sont plus à démontrer. La question du fret et de son avenir se place au cœur du développement durable. Un débat qui a déjà mobilisé énormément d’élus, de salariés, de décideurs économiques et qui aura toute sa place dans la discussion sur des transports durables et fiables.

Participants

Jean-Michel Bodin, vice-président  délégué au transport, infrastructures, circulation et intermodalité – Région Centre, Antoine Di Ciaccio, vice-président en charge des finances – Agglo du pays d’Aubagne et de l’étoile, Noël Levillain, vice-président transport et mobilité Région Haute-Normandie, Catherine Goniot, directrice du pôle transports mobilité déplacements à la Crea  et Pierre Menard, Comité de défense du fret de Sotteville-lès-Rouen.

Ressources en ligne

Comité de défense du triage de Sotteville

la politique de transports de la Créa

> la politique de transports de la région Haute-Normandie

le site d'itinéraire jv-malin, mis en place par la Région Centre

le site de l'agglo du pays d'Aubagne

Théâtre : Les exp’air se penchent sur la pollution

Les exp’air en Normandie, une enquête futuriste pour démasquer le coupable de la pollution et réfléchir en famille. Le 4 avril, à l’espace Georges-Déziré.

En 3048, l’air est devenu irrespirable, les habitants sont de plus en plus malades, la situation se dégrade de jour en jour. Le ministère de l’air envoie donc un de ses experts, le Professeur Ozone, en 2012 afin de comprendre comment une telle situation a pu se produire et de découvrir le coupable de la pollution. Avec son assistante Miss Pollen, ils arrivent à notre époque car « c’est maintenant que l’on peut encore changer les choses » ; ils sont aidés dans leur périlleuse mission par Arthur et sa petite sœur Chloé. Cette pièce pédagogique présente aux enfants les problèmes liés à la qualité de l’air de façon originale et ludique ; à travers des personnages attachants, ils comprennent l’importance de préserver l’environnement et de se responsabiliser. Mercredi 4 avril 2012, à 17 h 30 à l’espace Georges-Deziré, 271 rue de Paris. Tout public à partir de 7 ans.

Programme jour par jour, heure par heure

Mardi 3 avril 2012 à 18 heures, faculté des sciences, du Madrillet | Conférence

Changement climatique : certitudes, incertitudes, enjeux. Avec Hervé Le Treut, climatologue du Giec, membre de l’Académie des sciences, directeur de l’institut Pierre-Simon Laplace

Mercredi 4 avril 2012, salle festive | Conférences, ateliers

• 9 heures - 10h30 : conférence, l’Agenda 21 de la Ville de Grand-Couronne

• 10h30 - 12 heures : conférence sur la politique municipale stéphanaise en faveur du développement durable

• 14 heures - 15h30 : atelier sur la mise en œuvre de modèle énergétique durable

• 15h30 - 17 heures : atelier sur la précarité énergétique

• 18 heures - 19h30 : atelier sur les transports durables et fiables de demain

Exposants et animations toute la journée avec la participation de Cardère, du Smedar, de Mboumba’so, d’Artisans du monde, de dyspraxique fd 76-27, de la Crea, du pôle solidarité d’EDF. Et les services municipaux de Saint-Étienne-du-Rouvray : les Animalins, la ludothèque, les bibliothèques.

Mercredi 4 avril 2012, espace Georges-Déziré | théâtre

Les exp’air de Normandie

• 17 h 30 : Théâtre en famille, espace Georges-Déziré, entrée gratuite.