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Envie de fraises…

Julia Poulain, chargée de mission agenda 21 à la Ville de Saint-Étienne-du-Rouvray, propose une série de chroniques durables pour s'informer et changer de comportement. À consommer sans modération…

Manger cinq fruits et légumes par jours, c’est bien… Encore faut-il en trouver de bonne qualité. Beaucoup de fruits et de légumes sont proposés sur les étals des primeurs et supermarchés, mais est-ce qu’une envie de fraises en plein mois de février ne va pas avoir un impact sur le climat, les productions locales… ou même les ours polaires ? En même temps les fraises sont déjà sur les étals, si je ne les prends pas, quelqu’un d’autre le fera…

Aujourd’hui, les commerçants sont dans l’obligation d’indiquer d’où proviennent les produits qu’ils vendent. Mais l’arrivée de fruits et légumes, hors de leur saison de culture, pose quand même question : comment ces produits, qui le plus souvent sont des produits d’été, nous sont proposés pratiquement toute l’année ? Quels impacts ont ces cultures sur leur environnement, les ressources naturelles et notre santé ?
Toutes ces questions en tête, je décide de faire quelques recherches. À partir de l’exemple des fraises (mais je pourrais aussi faire des recherches sur les tomates ou les pêches), je tape sur internet "culture de fraises hors saison". 275 000 résultats… De quoi obtenir quelques réponses…

 

Fraises locales/contre fraises importées

 

Production intensive, pollution…

J’apprends que la fraise est un fruit très prisé, surtout par les Européens et les Américains. La France est le premier importateur de fraises espagnoles avec 42 000 tonnes par an. L’Espagne exporte 57 % de ses fraises cultivées de mi-janvier à mi-mai. Visiblement leur culture pèse sur leur environnement.
Après quelques minutes de recherches, je tombe sur un article de WWF, organisation non gouvernementale internationale de protection de la nature et de l’environnement, qui dénonce la culture de fraises sur le territoire espagnol. 95 % de ces fraises sont produites autour du Parc national de Doñana qui est inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco. L’utilisation de produits chimiques, les cultures sous plastique, la consommation d’eau pour l’irrigation, l’augmentation des surfaces cultivées illégalement détruisent leur milieu naturel et ont un impact sur la qualité des produits et sur notre santé.
La curiosité me pousse à regarder pour d’autres légumes ou fruits. Et les constats sont tout aussi alarmants : productions intensives, utilisation de produits chimiques, pollution… Ces pratiques font que ces produits proposés hors saison, détruisent les ressources naturelles et augmentent, pour les consommateurs, les risques de développer de nombreuses maladies. L’apparition d’un taux élevé de pesticides dans notre organisme est inquiétante, surtout pour les enfants. La présence de ces pesticides dans le sang accroît l’apparition de cancers, de malformations congénitales, de problèmes neurologiques ou encore un affaiblissement du système immunitaire…

Quelles alternatives ?

Alors quelles alternatives pour être certains de la qualité des produits que nous consommons ? Je cherche alors comment faire pour acheter et manger davantage de produits locaux ou bio. Je découvre, dans la région, trois procédés pour consommer plus responsable.

Les Amap

Le premier est de se procurer des paniers de produits locaux auprès d’une Amap (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne). Le principe est de s’engager à acheter la production d’un agriculteur (sur 6 mois ou 1 an) à un prix équitable en payant d’avance. Chaque semaine, un panier est proposé aux consommateurs avec des produits uniquement de saison. Les produits sont cultivés localement, ils sont généralement bio et les producteurs sont ainsi assurés d’une sécurité financière. Les Amap en Haute-Normandie sont au nombre de 19 : 15 en Seine-Maritime, dont 7 au sein du périmètre de la Crea, et 4 dans l’Eure.

Paniers internet

Le second procédé consiste à commander par internet des produits ou des paniers qui seront livrés au sein de magasins partenaires ou directement à domicile selon les sites. Les produits sélectionnés sont issus d’une agriculture raisonnée ou biologique le plus souvent localement. Il n’y a pas d’engagement, nous commandons quand nous voulons. Deux sites sont à découvrir : potimarron.com potager76

Vente directe

Le troisième est la vente directe chez le producteur, à voir au plus près de chez nous.
Il ne reste plus qu’à choisir, tout en se faisant plaisir…