Ressources
Clip audios
  • Coralie Cadène sur la conservation préventive des bijoux d'Elsa Triolet

Des mots et des bijoux :  épisode méconnu
de la vie d'Elsa Triolet et Louis Aragon

 

Tu faisais des bijoux pour la ville et le soir

Tout tournait en collier dans tes mains d'Opéra

J'allais vendre aux marchands de New York et d'ailleurs

de Berlin de Rio de Milan d'Ankara

Ces joyaux faits de rien sous tes doigts orpailleurs

Louis Aragon

 

Ouvrons la valise à compartiments qu'Aragon emmenait avec lui pour démarcher les sociétés d'exportation...

la valise d'Aragon qui contenait les colliers d'ElsaLes bijoux d'Elsa à Saint-Etienne-du-Rouvray

Par la volonté d'Aragon, les colliers se trouvent aujourd'hui à Saint-Etienne-du-Rouvray, en hommage à une des toutes premières bibliothèques Elsa-Triolet de France.

C'est en effet en 1949 que Raymonde Lefebvre, jeune militante stéphanaise de l'Union des Femmes Françaises, rencontre Elsa Triolet lors d'un congrès du mouvement à Marseille. C'est l'époque où l'écrivaine se lance dans la "Bataille du livre", mouvement initié par le PCF en faveur de la création de bibliothèques en direction des milieux ouvriers et populaires. Impressionnée par le discours d'Elsa Triolet, Raymonde Lefebvre crée avec au départ 142 livres la toute première bibliothèque de la ville au quartier du Madrillet. Les contacts épistolaires se poursuivent entre les deux femmes. Elsa puis Aragon, après le décès de celle-ci en 1970, ne cesseront de veiller sur l'évolution et les déménagements de cette première bibliothèque Elsa-Triolet, offriront de nombreux livres. En 1981, Jean Ristat au nom d'Aragon remet la fameuse valise et 47 modèles de bijoux à l'œuvre de madame Lefebvre. En 1987 la bibliothèque Elsa-Triolet reconstruite de neuf et l'ensemble de ses fonds deviennent municipaux.

Ces bijoux ont été exposés de nombreuses fois ; d'abord en 1972 lors d'une grande rétrospective Elsa Triolet à la Bibliothèque nationale à Paris, puis à Saint-Etienne-du-Rouvray à plusieurs reprises en 1987, 1996... Depuis quelques années, ils sont très demandés par les musées. La Ville en a prêté à l'occasion d'une exposition au Musée de la Mode à Paris sur la créatrice Elsa Schiaparelli. Récemment, ils étaient en Belgique au Grand-Hornu pour une autre exposition consacrée aux bijoux de haute couture... Pour ces colliers, la Ville a entamé un travail de conservation et de restauration qui permettra de les représenter dans d'autres expositions publiques. Devant l'intérêt grandissant qu'ils suscitent et dans l'attente de leur présentation, la Ville a souhaité rendre au public son patrimoine grâce à une exposition virtuelle.

Histoire des bijoux d'Elsa

Dans les années 1930, la jeune écrivaine Elsa Triolet réalise des bijoux de mode pour le compte de la haute couture. Ses créations se caractérisent par une originalité et une grande diversité des matériaux et des formes : noix de coco, os, pâte à papier mâchée, métal, strass, nacre, porcelaine, perles, bakélite... mais aussi de façon plus inattendue cuir ou boules de cotillon ! Cependant les titres donnés par Elsa à ses créations évoquent plus souvent l'aspect que les matériaux réellement utilisés. Par exemple la noix de coco s'est révèlée être du cuir gratté et la porcelaine est en fait de la pâte de verre. Ouvrons la valise à compartiments qu'Aragon a remis à la bibliothèque...

 

À LIRE DANS LES BIBLIOTHÈQUES

Les Paruriers, le livre de l’exposition du musée du Grand-Hornu consacrée aux bijoux de la haute couture, de Florence Müller et Patrick Sigal. Il existe une version anglaise de cet ouvrage, aux éditions Fonds Mercator.

Colliers, dans les Œuvres romanesques croisées d’Elsa Triolet et Louis Aragon, tome XL, Elsa Triolet y raconte cet épisode de sa vie, les grands couturiers, les petits façonniers.
• Les biographies consacrées à Elsa Triolet de Dominique Desanti ou Lily Marcou.
• Tous ses romans : Le premier accroc coûte 200F, Bonsoir Thérèse, Le rossignol se tait à l’aube, Les amants d’Avignon, Luna park, L’âge de nylon, Roses à crédit, Le cheval roux, Le monument…