À la une | 12/01/2015

Charlie n'est pas mort

Face au crime abject et lâche, au carnage commis entre mercredi 7 et vendredi 9 janvier 2015 à l’encontre d’hommes et de femmes, de journalistes du journal "Charlie Hebdo", et de policiers, des citoyens stéphanais – comme partout ailleurs dans le pays et dans le monde – ont tenu à témoigner de leur émotion.

En se rassemblant quelques heures après le premier attentat devant l’hôtel de ville, en observant une minute de silence le lendemain, en allant manifester leur dégoût et leur attachement viscéral à la liberté d’expression samedi 10 janvier à Rouen. Des millions de Français unis, au moins le temps d’une marche, pour défendre les valeurs universelles de liberté, égalité, fraternité et de laïcité.
Saint-Étienne-du-Rouvray a perdu des amis, tombés sous les balles. Parmi eux Wolinski, proche de Roland Leroy qui l’avait fait entrer au journal "L’Humanité" alors qu’il en était directeur et député communiste de Seine-Maritime. Le dessinateur avait d’ailleurs réalisé une affiche de campagne pour le candidat Leroy en vue des élections de mars 1978. À cette occasion, il était venu et avait signé de son trait de crayon le livre d’or de la Ville. À la lumière des événements tragiques au cours desquels Wolinski a perdu la vie, son message à la Ville prend une tournure particulièrement poignante: "Quand je serais vieux, je viendrais finir mes jours à Saint Étienne-du-Rouvray. C’est calme !" (sic)
Toujours prêt à répondre à l’invitation des copains, il avait également réalisé une affiche pour "le rassemblement des femmes de la 3e circonscription", celle de Saint-Étienne-du-Rouvray, sur la condition féminine. Giscard était alors à la tête du pays et son premier ministre Raymond Barre restait sourd aux revendications des femmes en cette fin de décennie 70. Des témoignages précieusement conservés par Georgette et Gérard Gosselin.
À l’annonce du drame, un autre ancien élu stéphanais, Pierre Tréhet a ressorti de ses archives quelques dessins de Charb, le directeur de la rédaction de Charlie Hebdo, laissées sur des serviettes, à la fin d’un repas pris lors d’une édition de l’Armada de Rouen. "Avec Luz, ils étaient venus sur le stand de L’Huma. L’ambiance était très joyeuse. À la fin du repas, je me suis retrouvé avec ces dessins… Certains ne sont pas publiables dans Le Stéphanais…", lâche malicieusement l’ancien conseiller général communiste, faisant référence aux propos grivois sur trois des quatre croquis.
"Le Stéphanais" ouvre ses pages régulièrement à de grandes plumes du dessin de presse: Faujour, Lasserpe, Aurel, Cambon… Leurs regards piquants et irrévérencieux sur l’actualité sont précieux. Ces aiguillons sont des acteurs indispensables de la liberté d’expression et de la démocratie.

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