À la une | 4/12/2015

Conseil municipal : investissements à la clé

Le dernier conseil municipal de l'année, jeudi 3 décembre, a été marqué par le vote du budget primitif 2016 et l'annonce de nouveaux investissements dans les domaines de l'éducation, de la culture et du sport.

Avant l'ouverture de séance, la représentante élue des parents d'élève du conservatoire de musique et de danse, Natalia Rocchetti, a lu une déclaration dénonçant «les importantes dégradations des conditions de travail des professeurs et des élèves».
Cette déclaration fait suite à la grève de 18 des 33 enseignants de musique (lire notre article) les 1er et 2 décembre. Les groupes politiques «Saint-Étienne Vraiment à gauche», «Socialistes et républicains» et «Droits de cité, mouvement ensemble» ont approuvé cette déclaration, chacun faisant état de ses inquiétudes au sujet du climat social régnant au conservatoire.
Le maire, Hubert Wulfranc, a pris acte du malaise. Il a longuement répondu en assurant que les «différentes parties» seront consultées et que les «décisions nécessaires» seront prises par l'administration.
Le vote du budget a été l'occasion pour le 1er adjoint, Joachim Moyse, de rappeler que «suite aux attentats», la nécessité de conforter les services publics était plus que jamais d'actualité. «La République doit être confortée partout sur l'ensemble de ses territoires, a-t-il dit, en cela les services publics locaux ont un rôle majeur».
Le 1er adjoint a rappelé la baisse de «850 000 euros» des dotations de l'État qui grève cette année encore le budget municipal. Face à cette réalité, il a rejeté l'option qui consisterait à baisser les investissements de la commune ou à baisser le niveau et la qualité des services publics, concluant que le «levier fiscal local» restait de ce fait le dernier recours. Les taux d'imposition locaux seront donc relevés de +2,8% en 2016.
Le budget a été voté à l'unanimité, moins deux abstentions du groupe «Saint-Étienne Vraiment à gauche».
Côté investissements, la conseil a voté plusieurs délibérations relatives à des programmes de rénovation, de modernisation, d'extension et de construction d'équipements. Il s'agit de la rénovation et de la mise aux normes de la zone de restauration de l'école Louis-Pergaud ainsi que des accueils de loisirs péri et extra-scolaires de cette école; de la réalisation d'un terrain de football et de rénovation et extension des vestiaires au stade Célestin-Dubois; de la restructuration de la bibliothèque Louis-Aragon; et de la modernisation et de la mise en conformité de l'hydraulicité, de modernisation et d'installation d'une chaufferie biomasse à la piscine municipale Marcel-Porzou.
«Ce sont des investissements lourds, a indiqué le maire, mais qui n'entraînent pas de charges de fonctionnement supplémentaires.» Aucune création de poste ni de charges n'est donc assujettie à ces investissements éducatifs, culturels et sportifs. «On ne va pas dans le mur, a encore rassuré Hubert Wulfranc, je dis qu'on gèle les dépenses de fonctionnement, on ne les baisse pas mais on ne les augmente pas». Exceptions faites toutefois, a ajouté le maire, aux dépenses des secteurs de l'enfance, de la scolarité et de la restauration scolaire, mécaniquement liés à la dynamique démographique de la commune. Le maire a enfin rappelé que ces investissements étaient possibles grâce à des financements de l'État, de la Métropole et du Département, la Ville étant «140e des 250 communes les plus pauvres de France».
Le vote de la délibération relative au versement d'une subvention à l'école privée Jeanne-d'Arc a fait l'objet d'un débat au sein du conseil et de la majorité. Quatorze élus ont voté contre (et une abstention), dénonçant notamment la loi Debré (1959) qui contraint les collectivités locales à participer au financement des écoles privées sous contrat. Pascal Langlois, au nom du groupe Ensemble, a rappelé ce qu'il nomme une «dérive», «l'école privée est de plus en plus subventionnée, de plus en plus reconnue et, par contre, toujours confessionnelle», faisant référence à la loi de 1905 sur la séparation de l'Église et de l'État et aux valeurs de la laïcité, «les écoles privées touchent de l'argent public alors qu'elles ne sont pas soumises aux mêmes obligations que l'école laïque, elles ne sont pas soumises à la carte scolaire et aux rythmes scolaires et elles n'ont pas l'obligation d'accueil de tous les élèves». Le maire a répondu que cette subvention était une obligation de la loi et a néanmoins reconnu que ces observations étaient «légitimes».
En conclusion du conseil, le maire a appelé les élus et citoyens qui le souhaitent à venir à la soirée-débat citoyenne et interconfessionnelle (rassemblant les quatre grandes religions) qui aura lieu à la salle festive lundi 7 décembre à 18 heures, à l'initiative du Conseil régional du culte musulman de Haute-Normandie.

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