À la une | 9/02/2018

Vos poubelles valent de l’or!

Trier ses poubelles, c’est bon pour l’environnement. Mais c’est aussi bon pour le portefeuille puisque la valorisation des déchets recyclés génère des recettes qui allègent la facture des collectivités. Explications.

Il y a de l’or dans nos poubelles ! Celui qui le dit, c’est Philippe-Loïc Jacob, dans son livre "Green is the new gold". Lui, c’est le président d’Eco-Emballages – rebaptisé Citéo – le principal éco-organisme agréé par l’État pour organiser, superviser et accompa- gner le recyclage des emballages ménagers. En France, cette filière représente, entre la collecte et le tri, plus de 28000 emplois avec une valorisation globale dépassant déjà, il y a deux ans, les 250M€. Comme le souligne Antoine Compagnon, professeur au Collège de France, on assiste "à la fin d’une parenthèse où le déchet n’avait plus de valeur dans une société d’hyper-consommation".
Il n’empêche, un travail pédagogique doit être mené au quotidien sur le terrain par les équipes du Smédar (Syndicat mixte d’élimination des déchets de l’arrondissement de Rouen): "Il existe une prise de conscience citoyenne en matière de tri, mais certains ont encore le réflexe de se dire qu’une fois posées sur le trottoir, les poubelles, ce n’est plus leur a aire", regrette Armelle Sicot, la directrice de communication d’un organisme qui a traité sur l’écopôle Vesta du Grand-Quevilly plus de 460000 tonnes de déchets en 2016.
Seulement voilà, puisque chaque foyer doit payer une taxe d’enlèvement des ordures ménagères, la tentation est grande, en sortant sa poubelle, de s’en laver les mains. "Il y a un coût pour le particulier, mais il serait sans doute plus important sans les recettes générées par le tri sélectif", assure Éric Mauger, directeur de l’exploitation au Smédar. En 2016, les 39000 tonnes de déchets recyclés par le centre de tri ont généré 5,9M€ de recettes, entre la vente des matériaux (verre, papier, acier...) et les subventions versées par les éco-organismes. Sans compter les 71000 tonnes de déchets verts transformées en compost et en bois destiné aux chaufferies. "Cela permet de facturer aux collectivités le traitement de la tonne de déchets recyclables à 0 €, contre 100 € pour une tonne d’ordures ménagères à incinérer. Au nal, l’argent économisé par les collectivités, c’est autant d’impôts que le contribuable n’a pas à régler", continue Éric Mauger.
Et même si les ordures ménagères (315000 tonnes en 2016) sont également valorisées sous forme d’énergie (chauffage et électricité) et de mâchefer (70000 tonnes environ), l’objectif affiché est bien de les voir diminuer en augmentant la qualité du tri dans les 164 communes du périmètre du Smédar. Car si 50% des déchets ménagers sont recyclables, seulement 20% sont actuellement triés. "Les habitants sont le premier maillon de la chaîne", insiste Armelle Sicot. D’autant plus que, dans le même temps, les industriels sont incités, via des taxes sur leurs emballages, à en diminuer l’utilisation et le poids.
Cette réduction à la source devra donc être compensée. C'est d’ailleurs l’une des raisons qui a poussé le Smédar à investir 5M€ pour moderniser son centre de tri afin d’accepter l’ensemble des produits plastiques (pots, films, sachets...) depuis l’année dernière. Avec des effets mesurables, mais encore insuffisants: "Cela représente une hausse de 5% des déchets recyclables collectés en 2017, détaille Éric Mauger. Mais on peut faire mieux..."

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