À la une | 26/02/2018

SCA-Essity : suite… et fin?

L'usine de papier d'hygiène Essity (ex-SCA) située rue du Petit-Champ sur la zone industrielle pourrait fermer ses portes avant la fin de l'année. 124 emplois stéphanais sont menacés.

Déjà frappée par un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) en 2016 (lire Le Stéphanais n°218), qui s'était traduit par la suppression de 130 emplois et par la reprise des activités nappage-serviette en papier et assiette en carton par le groupe vosgien Le Nappage, sauvant ainsi 70 des emplois alors menacés, l'usine stéphanaise pourrait voir se réaliser le scénario tant redouté par les syndicats depuis 2014: la fermeture pure et simple du site. «C'est la marche normale de leur stratégie depuis le rachat de l'usine en 2012 [alors Georgia Pacific, ndlr], explique une source syndicale souhaitant rester anonyme, nous ne sommes pas surpris.»
Interrogée par la rédaction du Stéphanais en juin 2016, la direction du groupe suédois avait alors formellement démenti tout projet de fermeture du site stéphanais à court ou moyen terme.
Annoncée aux représentants des salariés vendredi 16 février lors d'un comité central d'entreprise (CCE), la procédure d'«information-consultation» devrait déboucher dans les prochains mois, toujours de source syndicale, sur une fermeture du site avant la fin de l'année. «Tout indique en effet que nous nous dirigeons vers un nouveau PSE, assure sans illusions Pascal Vigreux, secrétaire CGT du comité d'entreprise stéphanais, on atteignait pourtant les objectifs fixés. L'annonce d'une fermeture n'est une surprise pour personne mais les collègues sont quand même sonnés, les machines marchent au ralenti».
Contactée par téléphone, la direction dément une fois encore tout projet de fermeture du site. «Nous avons entamé une procédure d’information-consultation auprès des instances représentatives du personnel d’Essity en vue d’optimiser notre dispositif industriel en France et d’améliorer notre compétitivité, assure Lucien Grandval, chargé de communication du groupe suédois. À ce stade du projet, aucune décision n’a été prise. Nous privilégions le dialogue avec le personnel et leurs représentants et ne commenterons pas les discussions en cours».
Le directeur des ressources humaines de l'usine Essity stéphanaise a demandé à rencontrer le maire Joachim Moyse. Un rendez-vous est prévu mi-mars.
En avril 2017, les actionnaires suédois avaient scindé le groupe SCA en deux entités distinctes en vue de l'introduction de chacune d'elle à la bourse de Stockholm, effective depuis juin dernier. Les 2,6 millions d'hectares de forêts suédoises du groupe restent sous bannière SCA tandis que les activités d'hygiène, qui englobent les marques Lotus, Okay, Peaudouce, Demak'up, Nana et Tena, ont été regroupées sous l'enseigne Essity.
L'entreprise Essity enregistrait fin 2017 un bénéfice net en hausse de 21% avec 2,09 milliards de couronnes suédoises (200 millions d'euros). L'entreprise, qui annonce sur son site «une politique de dividende [qui] vise à fournir des dividendes stables et croissants à ses actionnaires sur le long terme» promet à ses derniers un rendement des capitaux investis «supérieur à 15%». Ce qu'elle promet aux salariés semble en revanche très différent…

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