À la une | 5/04/2018

Vernissage de l'expo Mai 68: «la convergence des luttes reste une notion actuelle»

En présence de nombreux Stéphanais, représentants syndicaux ou simples curieux de cette époque «révolutionnaire», le maire Joachim Moyse a inauguré mercredi 4 avril à l'espace Georges-Déziré l'exposition «Mai 1968|2018, les enragés de l'espérance».

Réalisée avec l'association 7 à voir et l'agence JBA, cet ensemble présente jusqu'au 13 avril soixante-huit affiches réalisées pendant le «joli mois de mai» par les grévistes et manifestants.

Ce même mercredi 4 avril s'achevait les deux premiers jours de grève des cheminots contre le projet de «réforme» du gouvernement visant à «ouvrir à la concurrence» le service public SNCF.

Ces premiers jours de grève d'un cycle appelant les cheminots à cesser le travail deux jours tous les trois jours pendant trois mois, ont résonné comme un coup de semonce de ce qui pourrait devenir, a indiqué le maire, un mouvement d'ampleur dépassant largement le cadre de la réforme ferroviaire:

«Nous ne sommes peut-être pas dans le même contexte qu'en mai 1968 mais quand j'entends la notion de convergence des luttes revenir cinquante ans après, alors que de part et d'autre les cheminots et les étudiants se mobilisent dans le pays, je me dis qu'un nouveau cap a été franchi. Aujourd'hui, les acquis des luttes de Mai 68, de 1936 et du Conseil national de la Résistance, sont une fois encore pris pour cible et mis à mal. Cela veut dire qu'une petite classe d'actionnaires veut aller encore plus loin dans l'appropriation des richesses. Alors oui, le contexte est aujourd'hui différent de celui de Mai 68 mais la convergence des luttes reste une notion très actuelle.»

Le vernissage de l'inauguration s'est prolongé par la projection du film documentaire «Un si joli mois de mai» suivi d'un débat avec Jacky Maussion de l'Institut d'histoire sociale de Seine-Maritime et Ludivine Bantigny, maîtresse de conférences en histoire contemporaine à l'université de Rouen.

«On ne sait jamais quand et où se produit la convergence des luttes et la grève générale. Des mouvements comme celui de Mai 68, il n'y en a qu'un ou deux par siècle. La convergence des luttes reste une utopie mais une utopie qu'on peut partager et qui peut aussi devenir très vite une réalité ! Aujourd'hui le contexte est très différent de Mai 68 mais ce la ne veut pas dire qu'un mouvement de même ampleur n'est pas possible!», a indiqué Jacky Maussion.

> Téléchargez le programme des expos sur Mai 68

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