À la une | 12/04/2018

3es assises de la solidarité: «Donner du sens aux données»

Suite à son intervention mardi soir à l'espace Georges-Déziré dans le cadre des Assises de la solidarité qui continuent jusqu'au 26 avril, le directeur de l'observatoire des inégalités, Louis Maurin, a animé ce mercredi un atelier dédié à la compréhension de ces inégalités. Une manière d'aborder le sujet de façon plus pointue.

Ouvert à tous, ce rendez-vous a majoritairement attiré des professionnels œuvrant dans le champ des solidarités. Leur objectif: mieux appréhender le sujet d'une manière globale afin d'affiner leur action sur le terrain.
Car avant de pouvoir lutter contre les inégalités, il est indispensable de s'entendre sur leurs définitions. Dans quels domaines? Qui cela concerne-t-il? Ne peut-on pas souffrir de différentes discriminations conjuguées? Des questions auxquelles tentent de répondre l'organisme cofondé il y a une quinzaine d'années par Louis Maurin en décortiquant des masses de chiffres, fournis notamment par l'Insee. Sans oublier de montrer également ce qui marche: «Pointer les inégalités, ce n'est pas remettre en cause le système français qui est l'un des plus performants au monde. C'est d'ailleurs une tentation de la part de ceux qui voudraient en changer: puisque les inégalités persistent malgré les sommes considérables dépensées pour lutter contre elles, ne ferait-on pas mieux de tout remettre à plat? Ils oublient que sans ce système, les inégalités seraient sans nul doute bien plus grandes».
Critique vis-à-vis du débat public où selon lui la forme et la rhétorique prennent facilement le pas sur le fond, Louis Maurin insiste sur l'indispensable travail de collecte de données sur des thèmes aussi variés que les revenus, l'éducation, l'accès au soin ou à la culture. Tout en prenant en compte les différents publics concernés. «Quand on parle inégalité, on pense souvent revenus. Alors que notre champ d'investigation est bien plus vaste avec une volonté de donner du sens aux données récoltées. Car sinon on passe son temps à empiler des tableaux et des statistiques».
Un exemple? La pauvreté. «Les chiffres montrent que ¾ des pauvres n'habitent pas dans les quartiers où sont mis en place les dispositifs de politique de la ville et d'éducation prioritaire. Et pourtant, ce fait est souvent absent du débat».
Reste qu'une fois l'état des lieux dressé, que faire pour porter une projet de société plus égalitaire, plus attentif aux plus fragiles? Face à un discours apparemment volontariste, que Louis Maurin n'hésite pas à qualifier «d'hypocrite», notamment de la part d'une certaine élite «plus incline à dire: «Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais», le sociologue lance quelques pistes: davantage de représentativité des salariés dans les entreprises, une refonte de notre système éducatif ou encore offrir un véritable statut à la jeunesse... Autant de pistes qu'il espère voir explorer par les politiques. Lui pourra leur fournir les données dont ils auront besoin...

Plus d'informations sur /www.inegalites.fr

> Plus d'information sur l'Observatoire des inégalités

Picto commentaire ajouter un commentaire

Picto rss s'abonner à ce fil RSS