À la une | 28/05/2018

Centre hospitalier du Rouvray: la Ville apporte son soutien aux grévistes de la faim

Au septième jour de la grève de la faim des soignants de l'hôpital psychiatrique du Rouvray, la municipalité a déployé sur le fronton de l'hôtel de ville une banderole sur laquelle sont inscrits les mots : «Solidarité avec les soignants du centre hospitalier du Rouvray» (photo).

Vendredi dernier, le maire Joachim Moyse s'était rendu à leurs côtés afin de leur faire part de son soutien (lire nos articles précédents).
Un septième gréviste de la faim s'est joint au mouvement hier dimanche 27 mai à l'issue d'un café solidaire où se sont rassemblées deux cents personnes, familles et simples citoyens.
Il s'agit de Marc-Alexandre Ducourtil, infirmier (CFTC): «Nos collègues ont fait une semaine de grève de la faim et la direction ne veut toujours rien entendre. Je suis là pour montrer qu'on n'abandonnera pas. Plus la direction mettra de temps à nous répondre, plus il y aura de monde pour nous suivre dans le mouvement».
Les grévistes de la faim indiquent qu'ils n'ont pas vu leur directeur depuis sept jours que leur mouvement est engagé, alors qu'ils occupent l'entrée de ses bureaux: «Ses cadres et lui passent par les issues de secours ou bien ils se sont délocalisés dans d'autres bureaux», ironisent les grévistes. «Pourtant ils pourraient être là, monter au créneau avec nous à l'ARS et au ministère pour exiger des moyens pour accueillir décemment les patients! On a l'impression qu'ils gèrent des dossiers sans tenir tenir compte de la réalité.»
Les désormais sept grévistes de la faim ont par ailleurs refusé d'être suivi par le Samu: «la préfecture voudrait se décharger du problème sur nos collègues du Samu mais on refuse qu'il en soit ainsi: la préfecture doit prendre ses responsabilités, c'est aussi son affaire, comme c'est aussi l'affaire du ministère de la Santé, et même de l'Élysée!».
L'affaire prenant une envergure hexagonale, il se pourrait en effet que le mouvement des Sept du Rouvray cristallise un débat national sur la place de la psychiatrie dans notre pays. «On nous parle de dépistages précoces et de diagnostics rapides, expliquent les grévistes de la faim, mais pour les mettre où, les malades? L'année dernière un enfant de neuf ans a été mis à l'isolement dans une unité adulte parce qu'il n'y avait plus de place dans le service des mineurs qui ne compte que dix lits. Les équipes avaient à juste titre estimé qu'il était préférable pour la sécurité de l'enfant qu'il soit à l'isolement plutôt que dans une chambre avec des adultes.»
Les grévistes de la faim, l'intersyndicale CGT-CFTC-CFDT-SUD, les blouses noires (collectif de soignants) et leur comité de soutien réclament l'embauche de 52 personnels soignants supplémentaires et l'ouverture de nouveaux lits dans l'unité pour mineurs.

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