À la une | 6/06/2018

Au 16e jour de leur mouvement, les grévistes de la faim rejettent les «non-réponses» de l'ARS

«Nous sommes scandalisés par les non-réponses de l'ARS» se sont indignés ce matin, mercredi 6 juin, les désormais quatre grévistes de la faim du CHR alors que se poursuivent les discussions entamées hier soir entre l'Agence régionale de santé (ARS), l'intersyndicale et des représentants de la communauté médicale du CHR.

Parmi les sujets en discussion, l'ARS propose notamment de débloquer des moyens supplémentaires, a déclaré Christine Gardel, la directrice de l'ARS, ce matin sur l'antenne de France Inter:
«Sur la prise en charge des détenus, des ados, et sur le sevrage des personnes dépendantes à l'alcool et aux drogues. Sur ces trois thématiques, il y aura les moyens pour qu'on puisse les prendre en charge en qualité des soins. Sur ces trois thématiques-là, il y aura des créations de postes pour que [les personnels soignants] puissent travailler dans de bonnes conditions. »
Thomas (assis, au centre de la photo), Bruno et Marc-Alexandre, grévistes de la faim depuis respectivement 16, 14 et 10 jours, rejoints par René il y a deux jours, indiquent que ces «moyens supplémentaires» annoncés par la directrice de l'ARS étaient déjà programmés avant le déclenchement du conflit.
«Tout ça c'est de l'acquis, ce n'est pas pour cela que nous nous battons. Ce qu'on veut, c'est l'embauche de 52 soignants».
Les grévistes de la faim et leur comité de soutien devraient donc décider de poursuivre leur mouvement.
Il faut toutefois noter que le mouvement se trouve à un «tournant» comme le reconnaissait elle-même la directrice de l'ARS ce matin sur France Inter. Mais ce tournant peut également s'expliquer par l'hospitalisation de quatre des originellement sept grévistes de la faim (lire nos articles précédents) et par le pré-avis de grève déposé par le syndicat CGT des personnels du port, lequel avait notamment menacé de «bloquer Rouen» demain jeudi si l'ARS ne se décidait pas à «faire une ouverture en direction des grévistes».
«On reste néanmoins vigilants», a déclaré Fabrice Lottin, secrétaire général CGT du Port de Rouen, «mais si jamais on s'aperçoit que nos camarades hospitaliers sont méprisés, on se considérera nous aussi comme méprisés et on réagira très fortement».
Un «audit flash», annoncé par l'ARS en début de conflit, devrait en outre commencer au CHR demain matin. Mais les grévistes rejettent d'ores et déjà son utilité, indiquant que «ses résultats seront identiques aux deux audits précédents qui ont déjà coûté plus de 300 000 € et dont les conclusions étaient supérieures aux nôtres en terme d'embauches. Là où le second audit parlait d'embaucher 196 personnels supplémentaires, nous n'en demandons que 52!».
Les grévistes de la faim ont reçu ce matin le soutien d'Alain Bruneel, député du Nord, venu en personne les rencontrer au CHR. Ce soutien s'ajoute aux nombreux autres apportés par des personnalités politiques de gauche, parmi lesquelles Joachim Moyse, maire de Saint-Étienne-du-Rouvray (où la moitié du CHR est située), Stéphane Barré, maire d'Oissel, Hubert Wulfranc, député, Céline Brulin, sénatrice, David Cormand (EELV), Benoît Hamon (Génération.s), Philippe Poutou (NPA)…
Ce matin, une vingtaine de citoyens s'étaient en outre rassemblés à proximité de l'hôtel de ville de Sotteville-les-Rouen en soutien aux grévistes de la faim. Un rassemblement sous haute sécurité à en juger la huitaine de policiers municipaux et nationaux présents sur les lieux…
Photo : Jérôme Lallier.

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