À la une | 26/06/2018

Hausse de la CSG: les retraités en font les frais

Six mois après la hausse généralisée de la CSG, les retraités constatent au quotidien ses conséquences sur leur pouvoir d’achat. Et doivent faire des choix.

CSG... Ces trois lettres n’ont pas fini de faire parler d'elles. Cette contribution sociale généralisée créée en 1991 pour aider au financement du système de protection sociale, a été au cœur du débat concernant le projet de loi de finances 2018. En choisissant de l’augmenter de 1,7% dès le 1er janvier 2018, le gouvernement s’est attiré les foudres d’une grande partie des retraités. Car si les salariés ont connu une hausse similaire de leur CSG, elle a été en partie compensée par une baisse de leurs cotisations. Ce qui n’est pas le cas des retraités puisqu’ils perçoivent une pension sur laquelle le taux de CSG est passéde6,6%à8,3%. Tous ne sont pas logés à la même enseigne. Certaines retraites sont exonérées ou se voient appliquer un taux réduit (3,8%). Pas facile de s’y retrouver dans les chiffres. Pour schématiser, le gouvernement a annoncé que seules les retraites supérieures à 1200€ net par mois sont concernées, mais il faut également tenir compte d’éventuelles retraites complémentaires dans ce calcul, des revenus globaux du couple...
Six mois après cette mesure impopulaire, qu’en est-il sur le terrain? Assis à l’arrêt du 42, devant la mairie de Saint-Étienne-du-Rouvray, André, 73 ans, avoue son incompréhension: "Il y a pire que moi, mais j’ai quand même perdu environ 50€ par mois, ce qui m’a fait passer sous la barre des 1700€. Je n’ai pourtant pas l’impression d’être un privilégié." Ancien de la SNCF, il vit seul dans son petit pavillon dont il est propriétaire. "C’est ce qui me sauve. Si j’avais un loyer, je l’aurais sans doute senti plus passer. Mais à la fin de l’année, c’est 600€ en moins. Quand je vois que d’autres auront des millions à compter en plus, je ne comprends pas. Avec Sarkozy, c’était travailler plus pour gagner plus. Avec Macron, c’est ne faites rien, vous gagnerez moins!"
À l’heure du cours de couture de l’Association du centre social de La Houssière, la question de la CSG plombe un peu l'ambiance. Autour de la table, plus d’une quinzaine de retraitées dont le pouvoir d’achat a été impacté par cette mesure. Même les plus modestes. "Moi, j’ai une retraite de 311€. Mais comme il y a aussi celle de mon mari, on m’a enlevé 7€. Ce n’est pas grand-chose, mais c’est le principe qui me choque", glisse l’une d’elle. Toutes assurent faire encore davantage attention à leur budget, "car en plus la mutuelle augmente, le prix de l’essence aussi..." Dans la salle d’à côté, l’heure est aux arts manuels et au calcul mental. "Trente euros, c’est ce que j’ai perdu chaque mois. À la fin, il va falloir faire des choix, faire un peu moins plaisir à nos petits-enfants, se priver sur une sortie..." Ce petit plus, ce trois fois rien parfois mais qui fait toute la différence...

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