À la une | 28/06/2018

Les voitures autonomes prennent la route

C'est une première en Europe et c'est à Saint-Étienne-du-Rouvray que ça se passe. Mercredi 27 juin, le maire Joachim Moyse a pu prendre place dans une des voitures autonomes qui seront accessibles au public dès septembre 2018 sur le campus du Madrillet.

Au premier coup d'œil, on réalise que ces Zoé électriques ont quelque chose de spécial. Affublés d'antennes et de radars, ces véhicules « hyper-sensibles » sont censés percevoir leur environnement avec une acuité décuplée. Pour l'heure, les tests se poursuivent le long d'un parcours qui se déroule autour de l'École supérieure d'ingénieurs en génie électrique (Esigelec) en passant par le rond-point situé près du terminus du métro. « Nous recherchons encore la combinaison optimale de capteurs, explique Sébastien Holstein, responsable des grands projets chez Transdev Rouen, opérateur spécialisé dans les transports en commun de demain. Le GPS embarqué nous permet d'assurer un positionnement du véhicule sur la zone avec une précision d'environ 3 mètres. Grâce aux autres capteurs à bord, on atteint une précision d'environ 3 centimètres », insiste Sébastien Holstein. Plus discrètes et non moins essentielles, des infrastructures de perception augmentée sont disposées tout au long du parcours pré-établi du véhicule. « Ces installations se retrouvent à des endroits névralgiques comme des ronds-points. Elles envoient au véhicule des informations qui leur permettent de saisir la complexité du trafic en cours jusqu'à une distance de 100 à 150 mètres. Les infrastructures de perception augmentée perçoivent l'ensemble des éléments mobiles sur la zone, vélos, piétons, ballons égarés, et sont capables de définir leurs trajectoires. Ces installations enregistrent jusqu'aux mouvements des feuilles des arbres », explique Sébastien Holstein. Dernier maillon de la chaîne, le poste central de commandement (PCC) assure un contrôle visuel depuis les locaux de la TCAR, rue Jeanne-d'Arc, à Rouen. « Quand le système atteint ses limites et qu'il ne sait plus faire. Le véhicule se met à l'arrêt et lance une forme d'appel au secours. C'est alors que les agents du PCC interviennent pour assurer la mise en sécurité des biens et des personnes et débloquer la situation », précise Sébastien Holstein.
Pour accéder à ce service ouvert au public au dernier trimestre 2018, il suffira de télécharger une application sur son smartphone puis de se rendre un point d'arrêt. L'usager pourra alors « appeler » le véhicule via son smartphone, monter à bord et se laisser conduire. À bord, un superviseur de conduite sera présent, à la place du conducteur. Il ne sera amené à reposer les mains sur le volant ou à appuyer sur le frein qu'en dernier recours lorsque le véhicule ne sera plus en mesure de gérer une situation complexe comme par exemple une manœuvre d'évitement d'un véhicule stoppé au milieu de la route. Parallèlement à cette mise en service en condition de circulation réelle, les tests se poursuivront tout au long de l'année 2018-2019 dans le cadre d'un partenariat qui associe notamment la Région Normandie, la Métropole, le groupe Transdev, le groupe Renault et la Matmut. Pour compléter cette flotte de véhicules Zoé électriques, une navette autonome i-cristal sera également accessible aux usagers dans le courant du dernier trimestre 2018.

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