À la une | 31/07/2018

SCA-Essity: l'usine va fermer

La nouvelle est tombée ce matin: l'usine de papier d'hygiène Essity (ex-SCA) de Saint-Étienne-du-Rouvray fermera ses portes d'ici la fin de l'année.

Un communiqué a été mis en ligne sur le site du groupe suédois ce mardi 31 juillet matin: "Essity ferme une usine de transformation de produits de marque à Saint-Étienne-du-Rouvray et investit dans les sites de production intégrés restants en France. La fermeture est prévue pour le quatrième trimestre de 2018."
Personne n'a été surpris par cette annonce. "Ce qu'on avait prédit est arrivé, regrette une source syndicale qui souhaite rester anonyme. La fermeture, on la voyait arriver. Quand vous voulez fermer un site, vous commencez à l'affaiblir. C'est facile à faire. La seule surprise, c'est le calendrier, on attendait une annonce fin 2018 pour une fermeture courant 2019. Le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) de l'année dernière n'est pas fini qu'on en enclenche un autre."
La fermeture a été décidée "pour renforcer [la] compétitivité et accroître [l']efficacité d'Essity", selon le communiqué du groupe. "Ils investissent, ils ferment une boîte", résume Pascal Vigreux, secrétaire CGT du comité d'entreprise stéphanais. "Ils font des investissements sur le dos des salariés. Ils disent ouvertement: C'est pour que les actionnaires soient contents", ajoute la source syndicale.
L'annonce a fait réagir le maire. Joachim Moyse déplore "un recul inacceptable pour l’emploi sur le territoire satisfaisant des objectifs des rentes aux actionnaires de 15%", et dénonce "un retrait total de l’État sur ce dossier, malgré les alertes successives du député Hubert Wulfranc à l’Assemblée nationale".
Les négociations du plan de sauvegarde l'emploi (PSE) se sont terminées le 5 juillet. Tous les syndicats ont apposé leur signature après avoir obtenu des primes supralégales, des formations, des primes de déplacement... Des mutations seront également possibles au sein du groupe. "Une partie des personnels pourrait retrouver un poste à Hondouville. Cela pourrait concerner une quarantaine de personnes", indique Marc Specque, directeur de la communication du groupe suédois en France.
Les coûts de restructuration devraient s'élever à 480 millions de couronnes suédoises (soit près de 47 millions d'euros), selon Essity. "S'ils donnent de l'argent, c'est qu'ils peuvent le faire", souligne Pascal Vigreux. Et si le PSE est "un des meilleurs du secteur" selon le secrétaire du comité d'entreprise, il aura des conséquences sur 123 employés, "leur famille, les prestataires, les transporteurs et toute l'économie qui rayonne autour", insiste-t-on du côté des syndicats.

> Lire l'article paru en février 2018

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