À la une | 9/11/2018

Première Guerre mondiale: des hommes sacrifiés

En ces jours de commémoration de l'armistice marquant la fin de la Première Guerre mondiale, portons notre attention sur les soldats stéphanais tués entre 1914 et 1918. Cent soixante-dix-sept noms sont gravés sur les deux monuments stéphanais, mais ils seraient en fait plus de 200 à être tombés…

Le 11 novembre à 11 heures sonnera le centième anniversaire de l'armistice qui mit fin aux combats de la Première Guerre mondiale. Pendant ce conflit total qui tua 10 millions de civils et militaires, les familles stéphanaises ont lourdement payé l'impôt du sang. Selon les recherches effectuées par Janine Lebret et Catherine Voranger du groupe histoire du centre socioculturel Georges-Déziré, les 177 noms inscrits sur les monuments de la commune ne recensent pas la totalité des soldats stéphanais «morts pour la France», selon la formule légale.
«La gravure des noms sur le monument était payante, explique Janine Lebret, et certaines familles ne pouvaient pas faire face à la dépense. Par ailleurs, les pratiques en matière d'état civil n'étaient pas homogènes, ainsi un décès pouvait être déclaré non pas au lieu de naissance mais à la dernière adresse du disparu ou à celle d'un proche. De ce fait, le nombre de 208 décès recensés pendant la guerre 14-18 à Saint-Étienne-du-Rouvray doit être envisagé avec prudence : dans les faits, il est sans doute plus élevé.»

Mais au-delà de cette comptabilité macabre, derrière chaque nom, gravé ou non dans la pierre, se dessine un destin que l'époque aura voulu tragique. «Nous ne connaissons pas la date de décès de 46 tués sur 208, ajoute Janine Lebret. Il est donc difficile de connaître les noms du premier et du dernier tué stéphanais. Toutefois, parmi ceux dont nous connaissons la date de décès, Émile Lepesqueur est mort parmi les premiers, le 22 août 1914 en Belgique, et Maurice Leroy, décédé le 27 octobre 1918 dans l'Aisne, pourrait être le dernier mort de notre commune sur le champ de bataille. N'oublions toutefois pas les soldats décédés de maladie contractée en service, ou des suites de leurs blessures, après le 11 novembre 1918, tel le caporal Gérard Prévost décédé en Turquie le 6 décembre 1918.  L'un des plus jeunes soldats stéphanais «tué à l'ennemi» s'appelait Robert Laubier, il avait 19 ans. Déclaré « mort pour la France», il est tombé près du village des Éparges dans la Meuse le 18 avril 1915. L'un des plus âgés s'appelait Waceslas Baron. Il est décédé le 14 septembre 1917 de «maladie contractée en service», à Rouen.
Le souvenir de ces hommes sacrifiés témoigne de l'immense catastrophe que fut la Première Guerre mondiale. Un siècle plus tard, célébrer la paix et l'amitié entre les peuples demeure une urgence, indique le maire Joachim Moyse qui recevra le 11 novembre son homologue de Nordenham, la ville jumelle : «La cérémonie du 11 novembre 2018 illustre la force du lien d’amitié qui unit la France et l’Allemagne, Saint-Étienne-du-Rouvray et Nordenham. Ce lien s’appuie sur les valeurs fortes du respect, de la fraternité entre les peuples, de la paix. Donner à voir ces valeurs, les faire vivre au quotidien est dans l’ADN de notre ville.»

• Cérémonie: dimanche 11 novembre à 10h15 au cimetière du Madrillet, 10h30 au cimetière centre et à 11h au monument aux morts, place de la Libération. Toute la population est conviée à ces commémorations qui se dérouleront en présence du maire de Nordenham, ville jumelée avec Saint-Etienne-du-Rouvray, et au cours desquelles des collégiens de Pablo-Picasso liront des poèmes.

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