À la une | 11/11/2018

Centenaire de l’Armistice: «Vous êtes les garants de cette paix»

Le centième anniversaire de l'Armistice du 11 novembre 1918 a été célébré en présence du maire de Nordenham, notre ville jumelle en Allemagne (Basse-Saxe). La cérémonie a été marquée par la lecture de lettres de soldats français et allemand par des élèves du collège Pablo-Picasso et des lycéennes de Nordenham.

C'est sous une pluie fine de saison que ce moment solennel s'est tenu devant le monument au souvenir stéphanais, place de la Libération, face à l'Hôtel de ville. De nombreux stéphanais et les élus ont manifesté par leur présence que cette commémoration s'inscrivait sous le double signe de la paix et de la résistance aux idéologies nationalistes.
Claude Maréchal, président départemental de la Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie (Fnaca) a lu un communiqué de l'Union française des associations de combattants et de victimes de guerre (Ufac) dans lequel sont cités les mots de Georges Clémenceau, président du Conseil au moment de l'Armistice : «La guerre est finie, reste à gagner la paix».
C'est dans cet esprit de paix que trois élèves de 6e stéphanaises, Chaima, Emma et Shadia, élèves au collège Pablo-Picasso ont lu des extraits de lettres du Poilu Georges Dézitter, ainsi que leurs trois aînées allemandes, les lycéennes Svea, Lina et Kea, qui ont lu des extraits du soldat allemand Paul Diekmann.
Le maire de Nordenham, Carsten Seyfarth, s'est adressé aux Stéphanais, leur réaffirmant les liens d'amitié qui unissent nos deux villes : «Cette amitié est la base de notre avenir commun» a-t-il dit après avoir rappelé que «c'est le nationalisme aveugle qui a conduit à la barbarie de la Première Guerre mondiale».
Dans son discours solennel, le maire Joachim Moyse a apostrophé la jeunesse franco-allemande: «vous êtes les garants de cette paix», leur a-t-il dit. Le maire a à cet effet rappelé que «l’arrivée par les urnes de pouvoirs autoritaires dans de grandes puissances ces dernières années, comme aux Etats-Unis avec Donald Trump, ou encore dernièrement au Brésil, avec Jair Bolsonaro, ne peuvent que nous faire craindre un peu plus une surenchère et une multiplication des conflits internationaux.»
Joachim Moyse a également pointé qu'«en ce moment même, certains d’entre eux sont présents aux commémorations nationales qui ont lieu à Paris. Démonstration supplémentaire de la normalisation des relations diplomatiques de la France avec ces puissances, de même qu’avec l’Arabie-Saoudite pour qui on ne cesse d’augmenter nos ventes d’armes, ou encore avec des États terroristes du Moyen-Orient. Nos dirigeants doivent mesurer toute la responsabilité qui est la leur face aux pages d’histoire qui s’ouvrent.»
Les deux maires ont déposé des gerbes devant le monument aux morts dont cette année aura donc été marquée par la présence des couleurs allemandes comme symbole de l'amitié franco-allemande. «On croit mourir pour la Patrie, on meurt pour des industriels» pourrait peut-être au final un résumé de cette Grande Guerre qui préluda à la Seconde. Un résumé emprunté par le maire Joachim Moyse à l'écrivain Anatole France.
Une diffusion de la Marseillaise et de l'Ode à la joie, l'hymne européen, a clos cette cérémonie.

> Téléchargez le discours du maire

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