À la une | 26/05/2019

« La bête immonde n'est pas morte en Europe »

Avec 46% de participation, les électeurs stéphanais ont été moins nombreux qu'à l'échelle nationale (52%) à se rendre aux urnes, ce dimanche 26 mai pour les élections européennes. Ils étaient toutefois plus nombreux qu'aux précédents scrutins européens de 2014 où ils n'avaient été que 36,7% à s'exprimer.

«Le premier parti en France, c'est celui de l'abstention, a commenté le maire Joachim Moyse, parce que beaucoup de gens pensent que voter ne permet pas d'infléchir les politiques européennes. Ces électeurs pensent que l'important c'est le local, la proximité, ce que nous, depuis longtemps, les communistes et les apparentés, pensons être le bon niveau de réactivité.»
Comme au niveau national, la liste arrivée en tête à Saint-Étienne-du-Rouvray est celle du Rassemblement national (RN) qui totalise sur la commune 26,14% des suffrages exprimés (23,2% au national).
La deuxième liste est celle du PCF avec 13,63%, juste devant le parti présidentiel (13,58%).
La France insoumise (LFI) pointe en quatrième position avec 10,84% des voix, devant Europe écologie les Verts (EELV) avec 9,96%, alors que cette dernière liste totalise 12,8% à l'échelle du pays.
Le score du RN reste cependant moins important qu'il y a cinq ans quand le FN faisait 31% des voix à Saint-Étienne-du-Rouvray.
L'abstention reste toutefois le point qui aura cristallisé les commentaires du maire Joachim Moyse :
«Ceux qui se sont déplacés, ce sont ceux qui pensent que le système est un bon système car 60% des gens ont voté soit à droite, soit à l'extrême droite, soit pour LREM dont le programme est résolument à droite. La majorité des gens qui ne sont pas allés voter sont en désaccord avec cette façon de concevoir la politique. Visiblement, à gauche, nous n'avons pas réussi à conquérir ces gens qui se sont abstenus. On constate au niveau national un émiettement de la gauche qui constitue un échec quelles qu'en soient les raisons».
Le maire a enfin exprimé son inquiétude au sujet du score des extrêmes droites en Europe :
«Le premier parti des votants est un parti qui a récupéré les peurs et en premier lieu, au niveau européen, la peur de l'exclusion sociale et du déclassement social. Nous devons avoir conscience qu'à chaque fois qu'on laisse passer un discours, un échange, une parole basée simplement sur le refus de l'autre, sur l'inacceptation de la différence, sur l'intolérance, on ouvre la porte à ce genre de choses. La bête immonde n'est pas morte en Europe. Avec plus de 23% des votes exprimés au niveau national, on observe un vote européen qui s'est construit sur un discours d'exclusion, de refus de voir les populations européennes se croiser, de voir les populations à l'échelle internationale se rencontrer, d'accueillir des populations même lorsqu'elles sont en danger de mort. Comment l'accepter ?»

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