À la une | 11/06/2019

Contournement Est : la Ville maintient son opposition au projet

Contre l'actuel tracé de contournement Est de Rouen, les Villes de Saint-Étienne-du-Rouvray et d'Oissel-sur-Seine continuent de s'opposer à un projet jugé coûteux, inutile et dangereux pour la santé et l'environnement.

Le 4 avril 2019, les Villes de Saint-Étienne-du-Rouvray et d'Oissel-sur-Seine ont déposé auprès du Conseil d'État un nouveau recours. L'objectif demeure d'obtenir une annulation du décret pris en novembre 2017 par le Premier ministre et qui déclarait d'utilité publique les travaux de construction de la liaison A28-A13. Cette initiative partagée par les deux communes voisines vient s'ajouter à la liste des démarches engagées depuis 2016 tandis que de leur côté le ministre de la Transition écologique et le Premier ministre n'ont eu de cesse d'objecter que les arguments présentés étaient « insuffisamment étayés ». « C'est pourquoi nous avons décidé de nous appuyer cette fois-ci sur les analyses et les conclusions du cabinet d'experts indépendants Transae qui a confirmé nos craintes. Enfin, l'étude que nous présentons aujourd'hui prouve ce que nous disions depuis des années », explique Joachim Moyse, le maire de Saint-Étienne-du-Rouvray.

Opposition, point par point

Sous-estimés délibérément par l'État, les impacts du chantier, avant même la mise en service du contournement Est, sont fortifiés par les études du cabinet Transae. En effet, deux des futurs échangeurs, dont l'un aboutira à proximité du rond-point des vaches, seront placés exactement au-dessus du passage d'une canalisation de transport de matières dangereuses. Un risque identifié et reconnu par la préfecture mais que la maîtrise d'ouvrage semble avoir appréhendé de manière « extrêmement sommaire », insiste le rapport Transae.

De la même manière, sur un plan socio-économique, le ministre de la Transition écologique et le maître d'ouvrage répètent à l'envi que le projet sera « rentable économiquement sur la base de la mise en place d'un péage ». Moins optimiste, le cabinet Transae relève les carences de cette évaluation et insiste sur « l'absence d'analyses liées au niveau de tarification du projet et l'absence de justification des niveaux de péages retenus ». Plus globalement, l'État ne parvient jamais tout à fait à justifier le recours à un concessionnaire alors que la subvention publique s'élève à 55 % du montant global de l'infrastructure. Une fois de plus, il s'agit pour les Villes de Saint-Étienne-du-Rouvray et d'Oissel-sur-Seine de dénoncer un usage détourné de l'argent public au profit d'intérêts privés. À la fin, il faut constater un non-sens économique avéré puisque l'étude Transae souligne que la rentabilité du contournement Est tiendrait essentiellement à sa capacité à « siphonner le trafic des autres autoroutes ». Un succès en somme qui reposerait sur l'échec des autres infrastructures que la puissance publique devrait tôt ou tard assumer à son tour.

Enfin, sur un plan environnemental, là encore le maître d'ouvrage se contente de déclarations d'intention en invoquant des modèles de compensation des espaces forestiers et agricoles, des mesures d'optimisation du tracé pour limiter l'impact sur le paysage et des « plans d'alerte » ou des « dispositifs d'accompagnement » pour préserver la ressource en eau. Dans les faits, le rapport Transae indique qu'aucune mesure ERC (éviter – réduire - compenser) véritable n'a été engagée par le maître d'ouvrage.

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