À la une | 11/10/2012

Journal des Assises, 10 octobre : le bourg ancien au centre des attentions

Sans renoncer à poursuivre les opérations de renouvellement urbain sur les grands ensembles, la Ville fait aujourd’hui de la rénovation du centre ancien une priorité. L’engagement a été pris, hier, lors des Assises de l’habitat. La démarche adoptée vise à redynamiser le vieux bourg, tout en respectant son cachet.

Marqué par les stigmates du temps et victime collatérale d’une crise économique qui prive les petits propriétaires des moyens d’entretenir leurs biens, le centre ancien a souffert. En certains points, le bâti se détériore, certaines cours communes auraient besoin d’être rénovées, des travaux d’isolation sont nécessaires… "De plus en plus d’îlots dégradés constituent autant de scories qui gâchent la vie et le cachet de notre centre ancien", a jugé, mercredi 10 octobre, le maire Hubert Wulfranc. Une situation que Saint-Etienne-du-Rouvray n’est pas la seule à connaître, d’autres communes de la rive gauche rencontrent les mêmes difficultés en leur cœur. La Crea va d’ailleurs mettre en place un programme d’intérêt général pour aider les propriétaires.
Face à ce constat, et malgré les contraintes – liées notamment au fait que la Ville ne peut intervenir ici comme sur son parc de logements sociaux – l’objectif n’est évidemment pas de faire table rase du passé. L’ambition est plutôt de le valoriser. Pour preuve, l’inventaire lancé par les services municipaux : avec leurs petits points de couleur, les cartes élaborées par la direction de l’urbanisme et du paysage montrent bien que maisons en briques et moellons, cours communes, décors en façade sont dispersés sur tout le périmètre du bourg ancien. "Notre volonté est de conserver ce patrimoine et d’agrémenter encore davantage le charme du centre ancien, a insisté le maire. Nous voulons lui conserver son esprit village. Pour cela, on va devoir faire de la chirurgie pour recréer une offre de logements et de commerces convenable." Après une première intervention, en 2006-2008, du côté de l'espace Georges-Déziré et sur le trajet qui relie l’église à la rue Gambetta, de nouvelles opérations doivent donc être menées.
Par petites touches successives, à la façon d’un peintre pointilliste, la rénovation du centre ancien va progressivement s’opérer.
En témoigne l’opération menée par le Foyer Stéphanais sur l’ancien chantier Moisan : 21 logements sociaux ont été construits dans le respect des maisons voisines héritées du XIXe siècle. D’autres projets sont en cours, certains publics - comme celui du Pré de la Bataille, présenté lundi soir, en ouverture des Assises de l’Habitat - d’autres privés. C’est le cas de la reconversion des ateliers de boulangerie de la rue Lazare-Carnot qui va déboucher sur l’ouverture, fin 2013, d’un cabinet médical.
Mais si on veut redynamiser le centre ancien, en faisant venir de nouveaux habitants, qui garantiront le maintien des commerces de proximité, il faut aller plus loin encore. "Valoriser le patrimoine existant est nécessaire, mais pas suffisant, a prévenu Déborah Lefrançois, de la direction municipale de l’urbanisme. Il faut aussi mener une politique de densification maîtrisée et raisonnée". Déjà à l’ordre du jour de la séance de mardi soir, via l’expérimentation des ateliers Bimby (voir journal des Assises, du 9 octobre), la question de la densification appelle une grande diversité de réponses. Auxquelles participent les opérateurs privés : en construisant 45 nouveaux logements, sur les 5000 m2 vendus par le propriétaire des deux belles demeures anciennes de la rue de Paris, le promoteur Progimmo contribue, ainsi, à la revitalisation du centre ancien. Ce projet que la Ville a fait évoluer pour qu’il respecte les règles d’urbanisme et l’esprit stéphanais sera composé de bâtiments de faible hauteur et d’une architecture classique, en brique et enduit.
C’est enfin le projet de restructuration du secteur Seguin qui d’ici cinq à dix ans donnera un nouvel élan au centre ancien : la démolition des bâtiments industriels compris entre la voie ferrée et la rue de Paris dégagera une superficie de 5 hectares. Une page blanche sur laquelle travaille la Ville, accompagnée depuis le printemps par les habitants de l’atelier urbain citoyen. Riverains du secteur, ils participent activement aux réflexions sur les dessertes du quartier, le type d’habitat, les partis pris architecturaux ou encore le respect des règles du développement durable. "Cette démarche participative, enclenchée dès le départ, est intéressante, a jugé hier Emmanuelle Cerdelli, urbaniste à la SCET, le cabinet qui accompagne la ville. Ce groupe aura cheminé avec le projet, c’est toujours très positif". Convaincu de l’importance d’associer toujours plus les citoyens à la définition des politiques publiques, le maire regrettait, hier soir, la faible participation des Stéphanais aux Assises de l’habitat. D’autres formes de concertation, à plus petite échelle, sont sans doute à imaginer pour que chacun apporte sa petite touche personnelle à l’œuvre urbaine collective.

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