De l'urbanisme conquérant
à la crise de la cité

vue aérienne de l'urbanisme en forme d'œufs au Château Blanc

Les reconstructions de l'après-guerre sur la région rouennaise bouleversent la géographie de la commune. L'État choisit d'implanter un grand ensemble de 3 000 logements collectifs, à l'urbanisme totalement novateur, avec ses îlots ceinturés de périphériques : la cité du Château Blanc, sur le plateau du Madrillet. En dix ans, de 1954 à 1965 la population double, passant de 15 000 à 30 000 habitants. À partir des années 1970, la municipalité freine les projets qui visent à faire de Saint-Étienne-du-Rouvray une ville de 70 000 habitants. D'autant que les conséquences de la crise économique et sociale sont durement ressenties par la population.

Dans les années 1980, la crise s'accentue et frappe les activités industrielles qui ont façonné la ville et notamment sa conscience ouvrière, contribué à ses ressources et favorisé l'intégration des habitants.

L'usine de la Chapelle Darblay

Le conflit de la Chapelle Darblay, qui porte sur un millier de suppression d'emplois chez ce fabricant de papier pour les journaux et magazines, marque les années 1983/1984. Il connait une répercussion nationale, alors que d'autres conflits sociaux portent sur la défense des mines, de la sidérurgie ou de l'industrie automobile. Le chômage et la précarité pèsent sur les conditions de vie et, dans les quartiers, la mixité sociale recule.

Au début des années 1990, face aux difficultés accumulées, la Ville choisit de réagir sur deux fronts. À la défense de l'outil industriel s'ajoute l'anticipation des besoins à venir, avec un urbanisme repensé grâce aux dispositifs de la politique de la ville et la diversification du tissu économique.

Légendes photos

En haut : Le Château Blanc (vue aérienne pendant la construction) ce grand ensemble a été conçu par l'architecte Marcel Lods sous forme d'îlots (des "œufs") ceinturés de périphériques.

En bas : La fabrication de papier à La Chapelle Darblay